Le Paradigme Modérés-Militants

The White House remains, nine years after 9/11, mired in the false paradigm that the Mideast is divided neatly into two opposing camps – “good” moderates vs. “bad” militants, which is exactly why Washington should start listening to the real moderates such as Erdogan and Lula.

Robert Malley and Peter Harling from International Crisis Group present, in an article in Le Monde on 5/24/10, a pointed summary of the Mideast trap left by Bush for Obama:

Tout d’abord, le legs de l’administration Bush est d’avoir réveillé les trois épicentres de tensions mentionnés plus haut, provoquant des changements tectoniques en invitant à une renégociation des rapports de force à un niveau interétatique (opposant notamment Israël, l’Iran, l’Arabie saoudite, la Syrie, l’Egypte et la Turquie) et infraétatique (au Liban, sur la scène palestinienne et en Irak).
Cette multiplication des zones de tension s’est produite conjointement avec un affaiblissement de la crédibilité et de l’influence américaines, et ce à double titre. D’une part, la capacité militaire des Etats-Unis a révélé ses profondes limites – directement, à travers ses déboires irakiens et, indirectement, par le biais des échecs israéliens au Liban et à Gaza.
D’autre part, la politique des Etats-Unis s’est placée systématiquement sur le plan des valeurs, déployant sans relâche un argumentaire moraliste, à un moment où l’image du pays constituait justement son plus grand point faible. Impérialisme en Irak, attitude réductrice face à l’islamisme, rejet du résultat des élections palestiniennes, aveuglement face aux agissements israéliens, violations des droits de l’homme : difficile d’imaginer administration plus repoussante pour une opinion publique arabe qu’elle entendait pourtant galvaniser.
Le manichéisme de Washington, sommant les acteurs locaux de choisir résolument leur camp, a eu pour autre conséquence d’enfermer ses alliés dans une relation aussi exclusive qu’inconfortable, tout en renforçant l’axe opposé. L’iniquité des Etats-Unis dans les perceptions populaires donnait force aux pôles de “résistance”, notamment l’Iran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas. Une logique de confrontation systématique venait ressouder les relations souvent ambivalentes que ces acteurs entretiennent entre eux.
Enfin, dans chacune des trois arènes régionales, la politique de Washington leva, très concrètement, les obstacles qui se posaient à la montée en puissance de ses ennemis. Ainsi, les Etats-Unis permirent celle de l’Iran en Irak, du Hezbollah au Liban et du Hamas en Palestine.
En somme, l’administration Bush employait un paradigme hérité de la guerre froide, quand la diplomatie s’ancrait dans des relations bilatérales relativement stables, et que Washington pouvait s’appuyer sur ses alliés pour promouvoir des intérêts clairement définis.
La guerre globale contre le terrorisme n’était, à vrai dire, qu’une tentative grossière de restituer un ordre binaire, une idéologie pouvant subsumer la diversité des adversaires et les contradictions inhérentes à son propre camp. Elle était d’emblée vouée à l’échec parce qu’elle n’était que le rejeton un peu difforme d’une ère dépassée. Ce manichéisme s’est sapé de lui-même, qui plus est, en contribuant au déclin de la puissance américaine, à l’embarras du camp des modérés, et à la prolifération des conflits.

In this false image from fevered neo-con minds, “moderate” and “militant” are defined not on the basis of behavior by in terms of the degree of subservience to Washington. All who salute are moderate regardless of how violent they may be; all who insist on the right to independent policies are “militant,” regardless of how dedicated they may be to reform or democracy or peace. With religious fundamentalists, expansionists, those who “understand only the language of force,” those who overthrow democratic governments, those with vicious secret police forces to suppress domestic civil liberties, and those who practice collective punishment all jumbled together under the label of moderates who “share our values,” how is Obama or anyone else to make sense of U.S. policy toward the Mideast?
Erdogan and Lulu see this trap clearly; the White House–still mired in le paradigme modérés-militants— evidently still does not.
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